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La Petite Fabrique Souterraine
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  • A.K.

A PROPOS

La Petite Fabrique Souterraine
rassemble des croquis
et des fragments narratifs
un peu absurdes ou dérisoires,
pour la plupart jugés impubliables.

C'est la poubelle de l'atelier,
mais la poubelle qu'on hésite à vider.

Entre les projets
qui deviennent de jolis bouquins
et les griffouilles
qui disparaissent dans la corbeille,
ces fœtus peu présentables
moisissent généralement
dans les tiroirs.

On peut même aller
jusqu'à les défroisser
selon son humeur ou sa curiosité,
pour leur accorder une seconde vie
le temps d'un regard.

Les voici sauvés in-extrémis
avec au final trois histoires
à géométrie variable,
sur le thème de la logique
et des mathématiques.

Et à propos de ces trois dernières histoires...

J'ai toujours été nul en math mais la phrase de Léopold Sedar Senghor - "Les mathématiques sont la poésie de sciences" - peut résumer à elle seule l'extraordinaire pouvoir de séduction que ce domaine de connaissances abstraites a exercé sur nous, pauvres bipèdes.

La première histoire, Théorème, fut créée en 2003 pour le numéro de la revue Rhinocéros Contre Eléphant des éditions Tanibis consacré aux mathématiques et paru en 2006. J'avais choisi d'illustrer la fabuleuse et véritable histoire du dernier théorème de Fermat comme une enquête de série noire, avec ses folies et ses crimes (oui, une équation peut se révéler meurtrière) qui court sur trois siècle jusqu'à sa résolution (ou plutôt démonstration) grâce au génial Andrew Wiles.

La deuxième histoire, qui donne son titre au recueil, Portrait d'un(e) inconnu(e), a été écrite en collaboration avec Eva Pena en 2002 pour le troisième numéro de la revue Rhinocéros Contre Eléphant. Elle décrit le genre de situation que nous avons été quelques uns à avoir vécu : la "relation" muette avec une personne que l'on croise souvent dans un lieu précis (là, il s'agit d'une bibliothèque, mais cela ressemble autant à un train ou à un bocal). Une personne avec laquelle on se met à jouer au chat et à la souris sans pour autant oser l'aborder. Souvent, plus ce genre de situation perdure, plus il est difficile d'aborder la personne en question qui reste un mystère et autour de laquelle se cristallisent toutes sortes de pensées fragiles que l'on ne voudrait pas voir s'effriter au contact d'une réalité trop décevante. Portrait d'un(e) inconnu(e) pousse cette logique jusqu'à l'absurde, d'autant que la relation entre les deux personnages, chercheurs en mathématiques, évoque une équation à une inconnue. J'aurais souhaiter en faire une histoire plus longue... un jour peut-être.

La troisième histoire enfin est un exercice de style plus récent. J'avais cru faire le malin en créant un cocktail inspiré des gribouillis de David Lynch exposés à la Fondation Cartier à Paris et des poèmes d'Henri Michaux... dont il n'est plus restés grand chose, l'expérience en laboratoire ne s'étant pas révélée très explosive. L'Arpenteur est une petite expérience surréaliste effectuée au cours d'une journée d'été 2008 un peu fiévreuse où j'avais jugé mon dessin trop figé. Le résultat est un peu décevant. Un brin prétentieux aussi. Je ne me suis pourtant jamais résolu à le jeter, m'étant attaché au personnage d'Electric Man que nous retrouverons plus tard. J'ai essayé de rattrapé le coup en épurant le texte, évoquant au passage la logique absurde d'un cauchemar : par quel moyen en sortir lorsqu'on ne parvient pas à se réveiller. La solution du problème est à la fin.

Pour conclure, il y aurait bien d'autres choses à faire dans ce domaine. Une adaptation de la fameuse pièce de David Auburn, "La Preuve". L'étrange dissolution du physicien Ettore Majorana (merci Ninasmansion!). Ou que sais-je encore... De quoi se reconcilier avec cette matière tant détestée au collège.